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Ligue vaudoise contre le cancerSoutenir la LVCNotre journal

Des bénévoles ligués contre la solitude

Alors que le Canton de Vaud s’apprête à célébrer les dix ans du programme cantonal des proches aidants, Yasmina Schmidt, responsable des bénévoles à la Ligue vaudoise contre le cancer (LVC), rappelle le rôle essentiel des dizaines de femmes et d’hommes qui se donnent sans compter pour améliorer le quotidien des malades.

Etymologiquement, le mot bénévole descend en ligne directe du latin et de l’adjectif benevolus, qui signifie bienveillant, dévoué. Quelle meilleure définition pour désigner toutes les personnes qui offrent à d’autres l’un des biens les plus précieux : leur temps ?

« Il faut rendre un hommage à tous ceux qui ont su mettre leurs compétences diverses au service des patients, et qui ont dépensé sans compter leur énergie pour les soutenir, leur rendre la vie quotidienne meilleure et leur faciliter le chemin vers la guérison », rappelle Yasmina Schmidt.

Actuellement, la Ligue vaudoise contre le cancer (LVC) peut s’appuyer sur une quarantaine de bénévoles répartis sur l’ensemble du canton. Enseignant, contremaître, fleuriste, financier, cheffe d’entreprise… Leurs profils hétéroclites recoupent également toutes les classes d’âge, des jeunes d’une vingtaine d’années aux retraités. Ils ont toutefois un point commun : tous ont été directement ou indirectement touchés par le cancer.

CRÉER DU LIEN

Qu’il s’agisse de visites à domicile, de sorties, de transports, d’appuis administratifs ou encore d’animation de stands de prévention, les tâches confiées aux bénévoles – toujours encadrés par des assistants sociaux ou des infirmières de la LVC – sont très variées, et humainement toujours riches. Yasmina Schmidt illustre cette diversité à travers quelques exemples récents : « Cela concerne souvent des choses qui semblent très simples quand on est bien-portant mais qui peuvent paraître insurmontables quand on est affaibli par la maladie, comme changer un meuble de place ou même juste acheter un livre. »

Ce soutien peut aussi prendre la forme d’un appui scolaire pour des enfants dont un parent est malade ou d’un transport de vieux monsieur dans un hôpital éloigné pour qu’il puisse rendre visite à son épouse en fin de vie. Ou encore une femme dont le mari venait de mourir et qui souhaitait rebondir en retrouvant un peu d’indépendance : grâce à une bénévole, elle a pu exercer sa conduite afin de passer son permis et enfin utiliser une voiture pour se rendre au travail.

L’OCCASION DE SE PARLER

« Il ne faut pas oublier que, souvent, la principale attente des patients est de pouvoir se changer les idées et rompre avec la solitude. Raison pour laquelle nous nous appuyons d’abord sur des gens qui vont faire du lien social, qui vont rester en contact, discuter, être là. Peu importe ce qu’on fait, l’important est simplement cette présence », souligne Yasmina Schmidt. « Mais évidemment, si on peut lier l’utile à l’agréable, que la présence crée une occasion de se parler tout en apprenant à conduire par exemple, alors nous avons doublement atteint notre objectif. »

Dans cet esprit, l’encadrement et le suivi des bénévoles est crucial. Yasmina Schmidt organise une rencontre de groupe toutes les six semaines et intervient en lien avec les assistants sociaux lorsque des problèmes surgissent, tout comme elle organise des formations en fonction des demandes ou des nécessités. « Avec nos bénévoles, nous effectuons également des évaluations régulières au fur et à mesure de leurs missions, qui peuvent parfois être éprouvantes. » Le bénévolat n’est certes pas une activité de tout repos.

Daniel Abimi

RICHE DE RENCONTRE

Passionnée de randonnées à vélo, ingénieure de métier, Laure venait d’avoir 40 ans lorsqu’elle a appris par un voisin la possibilité de servir bénévolement la LVC. « Le jour même, nous découvrions qu’un proche était durement atteint d’un cancer. » C’était en 2011. Depuis, elle offre son temps et ses compétences comme bénévole, toujours avec le même enthousiasme. « Mes motivations personnelles sont toute simples, mais essentielles à mes yeux. J’aime avant tout pouvoir aider les gens en échangeant avec eux. Pour moi, chaque nouvelle personne que je rencontre est une nouvelle planète à explorer. »

Laure est intarissable sur ses expériences, son récit est truffé d’anecdotes touchantes qui sont autant d’histoires de vie. « Je me souviens encore de chaque détail de ma toute première visite à domicile. Le patient n’avait ni vu ni parlé à quelqu’un depuis plus d’une semaine. D’emblée, j’ai pu me rendre compte combien le combat contre la solitude était au coeur de notre travail. Les personnes entourées font bien moins appel aux bénévoles. »

Au fil des ans, Laure s’est forgé une solide expérience. « N’étant ni un médecin ni un ami, nous bénéficions d’une confiance toute particulière, celle qui permet la confidence sans la peur du jugement. » Riche de ces rencontres, Laure a également reçu de nombreuses marques de reconnaissance pour son engagement : « Le plus beau cadeau est certainement celui d’apprendre que des gens que nous avons aidés ont ensuite voulu aider à leur tour d’autres personnes. Comme si nous composions ainsi une chaîne d’entraide. »

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