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Ligue vaudoise contre le cancerSoutenir la LVCNotre journal

"Mon cauchemar professionnel : être privée de l'assistant social de la LVC"

Infirmière cheffe de l’unité d’oncologie hématologie à l’Hôpital de Morges*, Nathalie Divorne Formenton accompagne depuis plus de 25 ans des personnes atteintes de cancer. Elle évoque l’importance de mettre le patient au centre des préoccupations et le rôle essentiel que joue l’assistant social de la Ligue vaudoise contre le cancer (LVC) au sein de son unité.

Quand on a une passion dans la vie, on y revient toujours. Il en va ainsi de Nathalie Divorne Formenton et de l’oncologie. Même après plus de 25 ans passés à soigner des patients atteints de cancer, son enthousiasme reste intact. « Ce qui me motive depuis toujours, c’est le lien, la rencontre, l’humain en face de moi, ses difficultés, ses problématiques et toutes ses ressources ». Une rencontre qui peut être intense parfois, mais elle sait garder un niveau d’implication équilibré vis-à-vis du patient, pour alimenter sereinement le lien qui se tisse avec lui au fil des traitements.

LA MARGUERITE ET SES PÉTALES

Le lien… Avec l’accueil, c’est l’une des deux choses fondamentales dont le patient a besoin pour pouvoir se sentir en sécurité, estime Nathalie Divorne Formenton. « Si le patient se sent accueilli et reconnu en tant que personne dans toutes les phases de sa prise en charge, le lien peut se créer, et de là, la confiance naître. » Cela implique de placer le patient au centre et de le considérer comme le meilleur expert de lui-même ; car il doit pouvoir travailler en vrai partenariat avec tous les intervenants impliqués dans son suivi. Et Nathalie Divorne Formenton d’illustrer sa pensée par une image poétique : « C’est comme une marguerite : le patient en est le coeur et tous les intervenants autour de lui en forment les pétales. On se déploie de manière à lui faire de l’ombre quand il y a trop de soleil ou de le mettre au soleil quand il y a trop d’ombre et que c’est difficile. Et on avance ainsi ensemble jusqu’où il faut avancer. »

UN MAILLON SPÉCIFIQUE ET INDISPENSABLE

Parmi ces pétales, Julien Grandjean, l’assistant social de la Ligue vaudoise contre le cancer (LVC) basé à l’Hôpital de Morges, dont le bureau se trouve au coeur de l’unité d’oncologie hématologie. Membre à part entière de l’équipe interdisciplinaire, il participe chaque semaine au colloque où médecins, infirmières et infirmiers ainsi que psycho-oncologue discutent des nouveaux patients. Que pense Nathalie Divorne Formenton de cette présence ? « Je serais perdue si Julien n’était pas là. En tant qu’assistant social, il porte une attention compétente et spécialisée sur tout ce qui touche aux aspects sociaux de la prise en charge. Je sais ainsi que, dans l’évaluation que je vais faire d’une personne, si j’ai des signaux d’alerte qui se mettent en place, j’ai un professionnel compétent qui va prendre le relais pour ces aspects sociaux que je ne maîtrise pas. Je peux donc me concentrer sur ce qui relève directement de ma
profession. » Nathalie Divorne Formenton souligne également la posture de non-soignant de l’assistant social, qui apporte un autre éclairage sur les différentes situations, puisque les patients expriment souvent auprès de lui d’autres émotions, questionnements ou craintes qu’à l’équipe soignante. Une complémentarité qui fait de l’assistant social de la LVC un maillon spécifique et indispensable de la prise en charge oncologique.

LA RÉACTIVITÉ, PLUS-VALUE MAJEURE

S’il soulage le travail des soignants, l’assistant social de la LVC est avant tout une ressource essentielle pour les patients. Pour Nathalie Divorne Formenton, sa valeur ajoutée, c’est sa connaissance de la situation du patient en raison de sa présence au sein de l’hôpital même, ainsi que sa connaissance de la maladie, qui lui permettent de réagir sans délai. « Dès qu’un nouveau patient arrive, Julien est apte à faire rapidement le tour de sa situation, il sait quels impacts va avoir la maladie dans différents domaines et peut identifier les besoins que cette personne pourrait avoir. Puis il va aider à la mise en place de solutions. Il ne se substitue pas à nos patients, bien sûr, mais il a une capacité d’accompagnement qui est juste extraordinaire ! » Ainsi, dans le cas d’une mère de jeunes enfants qui doit se rendre deux fois par semaine en traitement, l’assistant social va immédiatement chercher une solution de garde si aucune n’est déjà prévue. Une réactivité qui contribue à soulager un peu les patients et leurs familles. « Nos patients vivent des angoisses multiples qui se situent à plein de niveaux de leur vie : leur santé bien sûr, leur famille, leur couple, leur travail et donc leurs revenus, leur place dans la société en tant que malades, etc. Afin qu’ils puissent gérer ce qui leur arrive et assumer tous les traitements, il faut qu’ils puissent se sentir allégés sur certains aspects. »

SOUTENIR LES PROCHES

Les assistants sociaux de la LVC jouent, souvent dans l’ombre et parfois hors de leur temps professionnel, un rôle de soutien pour les proches, et notamment les proches endeuillés. Il arrive qu’après avoir accompagné un patient et sa famille, l’assistant social passe voir le proche en deuil. Nathalie Divorne Formenton en a eu connaissance parce que des proches lui ont raconté combien cette visite avait été importante pour eux. « Que quelqu’un se soucie d’eux, c’était comme s’il y avait encore une continuité, m’ont-ils dit ».

UNE SACRÉE CHANCE

Nathalie Divorne Formenton se sent privilégiée de pouvoir collaborer avec un assistant social de la LVC. Elle avoue même : « Mon cauchemar professionnel, ce serait d’être privée d’assistant social ; que du jour au lendemain, cette prestation n’existe plus et que nous devions faire sans. Car elle est réellement indispensable dans notre travail au quotidien et bien sûr pour nos patients qui en bénéficient. C’est une sacrée chance ! »

Christine Theumann-Monnier

* Ensemble hospitalier de la Côte (EHC)