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Ligue vaudoise contre le cancerNotre journalSpécial 60e - Si la LVC n'existait pas, faudrait-il l'inventer ?

Spécial 60e - Si la LVC n'existait pas, faudrait-il l'inventer ?

Le professeur Oscar Matzinger est directeur médical en radiooncologie au Swiss Medical Network, chef des Services de radiooncologie de la Clinique de Genolier et du Centre d’oncologie des Eaux-Vives à Genève.

Alors que le nombre des cas de cancer est en hausse, on assiste depuis une trentaine d’années à une baisse de la mortalité causée par cette maladie. Au moment de clore son 60e anniversaire, la Ligue vaudoise contre le cancer (LVC) se penche sur cette évolution et sur la pertinence de son rôle en faveur des personnes atteintes de cancer et de leurs proches. Petite introspection avec le professeur Oscar Matzinger, spécialiste en radio-oncologie et vice-président de la LVC.

«Quand j’ai fait ma formation en radiothérapie au CHUV», se souvient le professeur Oscar Matzinger, «les contrôles post-thérapeutiques des patients s’appelaient les contrôles LVC». L’anecdote est loin d’être anodine. Elle révèle la place centrale que la Ligue vaudoise contre le cancer (LVC) a su prendre pour accompagner les patients en traitement, mais également pour suivre ceux en rémission. Car la fin de la maladie est aussi une période de transition délicate à vivre, avec un sentiment contradictoire de victoire sur la maladie et de peur d’une récidive.

AIDER À CONTINUER À VIVRE

Cela montre aussi l’importance de pouvoir combler les trous que la médecine moderne laisse parfois béants. L’oncologie est par nature une discipline très médicalisée, qui se concentre d’ordinaire sur les traitements et sur les technologies. Lorsqu’une personne apprend qu’elle est atteinte de cancer, son monde bascule. La maladie n’est pas uniquement source de souffrance physique, elle met aussi le patient et ses proches face à un grand nombre d’interrogations existentielles. Dans l’immédiat se posent aussi toutes sortes de questions concrètes auxquelles il faut rapidement trouver réponse pour continuer à vivre : questions financières, questions organisationnelles ou encore questions en lien avec la complexité des traitements. «Chaque patient est accompagné pour trouver des solutions qui peuvent aller de problèmes d’assurances au remboursement des perruques. De petites choses peuvent rapidement devenir anxiogènes et les résoudre participe aussi au succès du traitement ; cela ne pourrait être assumé sans la LVC.»

«Aujourd’hui, le paradigme a changé. Les survivants sont heureusement majoritaires et même si la maladie peut toujours susciter beaucoup d’angoisses, on peut résolument espérer la surmonter et apprendre à vivre avec.»

RESTER PROCHES DES PATIENTS

C’est une des fiertés d’Oscar Matzinger : faire partie d’une ligue de solidarité qui, au fil des ans, a su rester à taille humaine, pragmatique et toujours en phase avec les préoccupations des patients et de leurs proches. Mais surtout, la vraie spécificité de la LVC est d’être présente dans des hôpitaux et des cliniques privées du canton, ainsi qu’au CHUV. Cela permet aussi une proximité avec les patients hospitalisés. Alors quelles ont été les grandes mutations au cours de ces 60 ans ? En quoi les choses ont-elles changé pour la LVC ?

ACCOMPAGNER, MAIS AUSSI AMÉLIORER LA QUALITÉ DE VIE

Ce sont d’abord les modifications en lien avec l’évolution médicale elle-même. «Aujourd’hui, le paradigme a changé. Les survivants sont heureusement majoritaires et même si la maladie peut toujours susciter beaucoup d’angoisses, on peut résolument espérer la surmonter et apprendre à vivre avec», souligne le professeur Matzinger. Grâce aux nouvelles approches moins invasives, comme l’immunothérapie par exemple, on arrive de mieux en mieux à contrôler la maladie. Les médicaments dits intelligents sont globalement moins toxiques et la radiothérapie devient plus spécifique. Cela change totalement la donne sur le plan médical, car de réelles stratégies de partenariat peuvent se mettre en place pour un projet thérapeutique serein.

Et Oscar Matzinger de rappeler qu’il ne s’agit plus uniquement d’apporter conseil et soutien social ; le bien-être et la qualité de vie sont des facteurs tout aussi importants. La LVC a donc développé de nombreuses prestations innovantes comme les cours de yoga, l’autohypnose, les cafés dansants ou encore la danse à domicile.

RÉDUIRE LES RISQUES

C’est désormais une certitude : plus le mode de vie est adapté, mieux on arrive à diminuer l’incidence de la maladie. Plus la maladie est détectée tôt, plus les chances de survie sont fortes. On connaît donc la recette pour espérer terrasser le crabe : la prévention et le dépistage. C’est donc tout naturellement que, ces 20 dernières années, la LVC a développé ses activités en matière de réduction des risques. Quant à la recherche clinique, elle n’est pas en reste non plus ; la LVC dispose de fonds pour soutenir des projets complémentaires à la médecine universitaire. De la recherche qui peut directement faire la différence pour les patients.

FAVORISER LA RÉINTÉGRATION DANS LA VIE ACTIVE

Ces dernières années, la LVC a déployé un effort important pour favoriser le retour au travail dans les meilleures conditions possibles, avec des conseils autant à l’intention des employés que des employeurs. L’intérêt d’un retour à la normale se trouve des deux côtés, pour que la reprise du travail ne soit pas un nouveau combat. Oscar Matzinger en est convaincu : «Tout est devenu complémentaire ; on a tous besoin les uns des autres.» Et quand on lui demande de mentionner une situation qui l’aurait particulièrement marqué, il répond : «Tous mes patients m’ont marqué. Chacun a une histoire individuelle et personne ne mérite d’être abandonné ». Alors si la LVC n’existait pas, faudrait-il l’inventer ? «Sans hésitation» répond-il avec un grand sourire. À un moment où le cancer est en voie de devenir une des principales maladies chroniques, le rôle de la LVC paraît plus pertinent que jamais.

Darcy Christen