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Ligue vaudoise contre le cancerNotre journalOmbre et vêtements, meilleurs remparts contre le soleil

Ombre et vêtements, meilleurs remparts contre le soleil

Le mélanome constitue le 5e cancer le plus fréquent en Suisse. Des gestes simples permettent pourtant de se protéger efficacement du soleil.

Difficile de résister à l’appel du soleil quand les beaux jours reviennent. Mais à trop s’exposer, le risque de développer un cancer augmente. Ombre et textiles constituent une barrière efficace contre les UV. La crème doit rester un appoint.

La mode était aux corps ultra-bronzés à l’orée des années 80. Elle l’est aujourd’hui un peu moins, signe d’une timide prise de conscience du danger que peut représenter le rayonnement ultraviolet. Le soleil invite à la détente et favorise la synthèse de la vitamine D, substance nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme. Mais consommé à l’excès, il peut provoquer différents cancers cutanés. Les plus dangereux sont les mélanomes, susceptibles de former des métastases. La Suisse comptabilise chaque année environ 2 700 nouveaux cas de ces tumeurs malignes, ce qui place notre pays parmi les nations européennes les plus touchées par la maladie. Comment expliquer ces chiffres élevés, qui ne cessent d’ailleurs de croître depuis une trentaine d’années ? Différentes hypothèses sont avancées : vieillissement de la population, pouvoir d’achat important qui autorise des déplacements à répétition vers des destinations ensoleillées, système de santé performant au sein duquel la détection précoce trouve toute sa place ou encore précision des registres helvétiques de recensement.

OMBRE ET HABITS, UN DUO GAGNANT
Les situations dans lesquelles nous sommes soumis à l’influence des ultraviolets ne manquent pas : en montagne, à la piscine ou à la mer, au jardin, en terrasse, en jogging, sur les chantiers, etc. Tous les cancers de la peau ne sauraient évidemment être attribués au seul soleil, mais l’exposition aux UV constitue un important facteur de risque sur lequel il est possible d’agir. Premier réflexe à adopter : renoncer à s’exposer entre 11 heures et 15 heures, période durant laquelle le rayonnement solaire atteint son maximum d’intensité. L’ombre reste encore et toujours le meilleur bouclier. « Attention tout de même, note  Isabelle Philipona, responsable prévention à la Ligue vaudoise contre le cancer (LVC), elle ne protège pas toujours du rayonnement indirect dû à la réverbération de la neige, de l’eau, du sable ou du béton par exemple. » Les températures encore fraîches au printemps peuvent aussi créer un faux sentiment de sécurité amenant à sous-estimer l’intensité des ultraviolets. Idem lorsque le ciel est voilé et, pourtant, l’essentiel des rayons traversent la couche nuageuse. Enfin, exigence absolue, ne jamais exposer les enfants de moins d’un an, leur peau est extrêmement fragile.
Deuxième élément incontournable en matière de prévention solaire, porter des vêtements « couvrants », comme des T-shirts avec manches ou des chapeaux à large bord. « Les étoffes serrées aux couleurs vives sont les plus appropriées. Les fibres synthétiques offrent en outre une meilleure protection que les fibres naturelles », explique Isabelle Philipona. « Ces indications sont également valables pour les parasols ou les stores en tissu. » Il existe par ailleurs des vêtements anti-UV et combinaisons de baignade pratiques et respirants. Le port de lunettes solaires fait également partie de la panoplie à adopter car les ultraviolets peuvent provoquer des lésions aux yeux. Les verres foncés ne constituent pas un gage de sécurité. Ce qui compte, c’est que la monture soit estampillée CE, avec mention 100 % UV.

CRÈMES SOLAIRES EN COMPLÉMENT
Aux indispensables ombre et vêtements s’ajoutent les crèmes solaires, solutions d’appoint pour protéger les parties du corps qui ne seraient pas couvertes (visage, oreilles, mains, avant-bras, etc.). Les écrans solaires font toutefois régulièrement débat. Ils ont été récemment accusés de n’avoir aucun effet préventif contre le mélanome. Faudrait-il dès lors s’en passer ? Non, répond Olivier Gaide, médecin adjoint au Service de dermatologie et vénéréologie du CHUV. « Les études scientif iques existantes, de qualité diverse, parviennent à des conclusions inverses quant à l’effet protecteur ou non des crèmes contre ces tumeurs malignes. Attendons d’en savoir davantage. Il est en revanche établi que les filtres UV retardent l’apparition des coups de soleil qui, s’ils sont pris dans l’enfance, peuvent jouer un rôle dans le développement du mélanome. » Autre certitude : les filtres solaires protègent contre les cancers de type non-mélanome, soit les carcinomes basocellulaires et spinocellulaires. Et pour le dermatologue, il ne faut surtout pas les banaliser « car ils peuvent présenter des formes très sévères. »
Décriées par certains pour leur supposée inefficacité, les crèmes solaires le sont aussi de manière récurrente pour les risques qu’elles feraient peser sur la santé en raison des composés toxiques qu’elles contiendraient, des perturbateurs endocriniens notamment. Le docteur Olivier Gaide nuance et rappelle qu’il n’existe pour l’instant aucune étude scientifique qui démontre leur effet délétère sur l’être humain. « Sur la base des connaissances actuelles, les bénéfices de la crème solaire l’emportent sur leur éventuelle toxicité. Le principe de précaution doit aller dans les deux sens. » Pas de haro sur les écrans solaires donc, ce qui ne signifie en aucun cas qu’ils autorisent une exposition prolongée ou qu’ils puissent être utilisés comme unique protection.

TROUVER UN ÉCHO DANS LE VÉCU DE CHAQUE PERSONNE
La prévention reste un exercice diff icile, nécessitant de trouver un équilibre entre le bien-être généralement procuré par le soleil et l’impératif de s’en protéger. La LVC vise une diminution des risques, laissant de côté la protection à cent pour cent. « Rester dans le registre de l’interdit suscite souvent des rejets en bloc. Nous aidons les gens à modifier leurs comportements. Nous partons de leur vécu pour leur proposer des solutions qui aient un sens dans leur vie de tous les jours » explique Isabelle Philipona. En clair : il ne sert à rien de demander à un passionné de montagne de renoncer à ses excursions.
La prévention passe également par le développement de mesures structurelles visant à créer un environnement favorable à la santé, au bien-être et à la qualité de vie. Par exemple en proposant, dans les villes et ailleurs, des zones d’ombre facilement accessibles. Conclusion : profiter du soleil, oui, mais avec modération. Et ne pas hésiter, en cas de modif ication suspecte de la peau, à prendre rendez-vous chez le médecin. Un diagnostic précoce augmente les chances de guérison.

Béatrice Tille