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Internet, un outil santé à manier avec précaution

Le recours à internet appelle une lecture critique des informations récoltées, il faut en parler avec son médecin.

De plus en plus de patients surfent sur internet avant et après leurs consultations chez le médecin.
Une utilisation éclairée du web est impérative pour trouver des informations médicales fiables, à même d’enrichir le dialogue entre soignant et soigné.

Le recours à internet pour s’informer sur tout, ou presque, est devenu un réflexe pour la majorité de la population suisse. Le domaine de la santé n’échappe pas à la règle. Selon les résultats de la dernière enquête de l’Office fédéral de la statistique sur l’utilisation d’internet dans les ménages, 68 % des internautes ont cherché des informations en relation avec la santé au premier semestre 2017. Un chiffre qui en dit long sur la nécessité d’initier les patients que nous sommes tous à l’utilisation appropriée du web, où le meilleur côtoie le pire.

DES PATIENTS PLUS ACTIFS
Surfer sur internet avant ou après une consultation médicale devient donc de plus en plus fréquent. Faut-il s’alarmer ou, au contraire, se réjouir de ce constat ? Pour Jean Gabriel Jeannot, médecin agréé auprès de la Policlinique médicale universitaire de Lausanne pour des projets de santé digitale, cette démarche est bénéfique : « Différentes études indiquent qu’un patient qui reçoit et comprend une information pertinente concernant sa santé joue un rôle plus actif dans le processus de soins, ce qui favorise la prise de décision partagée et mène à de meilleurs résultats cliniques. En ce sens et utilisé à bon escient, internet peut avoir un impact positif sur la prise en charge médicale. »
Les recherches effectuées sur le web permettent en effet de renforcer le dialogue entre soignant et soigné. Le patient pose davantage de questions, s’implique plus dans la consultation. Et si son médecin le guide sur internet, il comprendra mieux les options de traitement et leurs conséquences. « Ceci est d’autant plus important, souligne Jean Gabriel Jeannot, que la transmission orale utilisée habituellement comporte d’importantes limites. Près de la moitié des informations délivrées par le personnel médical n’est pas correctement enregistrée par les patients. Ces derniers oublient par ailleurs immédiatement entre 40 à 80 % du contenu. »

ASTUCES POUR DES RÉSULTATS FIABLES
Complément utile dans le cadre de la prise en charge du patient, internet doit cependant être utilisé de manière appropriée pour y trouver des informations médicales fiables. À quelles astuces recourir dès lors pour s’éviter des déconvenues ? Tout d’abord, éviter de passer par les moteurs de recherche en première intention car ils fournissent des résultats de qualité variable, retenant de nombreux sites commerciaux. Pour Jean Gabriel Jeannot, on peut, schématiquement, distinguer trois types de sites de qualité. À commencer par les portails médicaux, qui fournissent des informations vulgarisées et validées sur le plan scientifique. C’est par exemple le cas du site Planète santé, édité par la société coopérative Médecine et Hygiène, et de l’atlas médical du CHUV. Deuxième type de sites à recommander, ceux des ligues et associations qui sont spécifiquement dédiés à une maladie. Troisième option, les chaînes YouTube des hôpitaux : les vidéos sont facilement compréhensibles et, pour certains patients, perçues comme un outil plus attractif que l’écrit.
Pour les internautes qui utiliseraient tout de même un moteur de recherche, le recours à des mots clés médicaux précis est important. « On n’obtient pas les mêmes résultats en tapant impuissance ou dysfonction érectile », souligne le docteur Jean Gabriel Jeannot. Autre astuce : donner le nom de sa maladie en y assortissant l’adjectif « suisse » pour tomber sur les sites des différentes associations et ligues suisses. Enfin, il convient de toujours s’interroger sur l’identité de l’éditeur d’un site et de vérifier qu’il soit indépendant.
À côté d’internet, on trouve aussi les réseaux sociaux, blogs, forums et autres médias où la parole « ordinaire » prend le pas sur celle des médecins. Partager son expérience, constater que d’autres personnes traversent ou ont traversé la même épreuve peut s’avérer d’un grand réconfort. « Certains effets secondaires de traitement sont parfois banalisés par les médecins, note Jean Gabriel Jeannot. Les échanges entre pairs sont bénéfiques. Je souhaiterais néanmoins qu’ils se développent dans des groupes privés, contrôlés par des patients ou des institutions officielles. Aujourd’hui, les données personnelles ne sont pas assez protégées. Je recommande une certaine prudence, tout comme avec le web. »

INTERNET N’EST PAS UN OUTIL DE DIAGNOSTIC
La difficulté ne réside donc pas dans le fait de trouver des informations ou des espaces de dialogue, mais d’en évaluer la qualité. Et même assortis de garde-fous lors de leur utilisation, internet et les réseaux sociaux ne sauraient évidemment remplacer une consultation médicale. Car le risque existe bel et bien que certaines personnes s’auto-diagnostiquent ou que, submergées par des informations qui les dépassent, elles cèdent à la panique. « S’il est primordial que les patients bénéficient d’un accès facilité à l’information médicale, c’est au professionnel de la santé de la mettre en relief, insiste Jean Gabriel Jeannot, qu’il s’agisse d’expliquer, de rassurer ou de remettre les choses à leur juste place. » Pour le spécialiste en santé digitale, il appartient également aux médecins – encore trop frileux face à l’outil internet – d’orienter le grand public vers des sites de qualité.
L’utilisation accrue du web par les patients s’inscrit dans le cadre du développement continu des nouvelles technologies de l’information. Cette « démocratisation » du savoir médical marque également une évolution de la relation soignant-soigné vers une forme de partenariat dans lequel les patients deviennent de véritables acteurs de la santé.

Béatrice Tille