krebsliga_aargaukrebsliga_baselkrebsliga_bernkrebsliga_bern_dekrebsliga_bern_frkrebsliga_freiburgkrebsliga_freiburg_dekrebsliga_freiburg_frkrebsliga_genfkrebsliga_glaruskrebsliga_graubuendenkrebsliga_jurakrebsliga_liechtensteinkrebsliga_neuenburgkrebsliga_ostschweizkrebsliga_schaffhausenkrebsliga_schweiz_dekrebsliga_schweiz_fr_einzeiligkrebsliga_schweiz_frkrebsliga_schweiz_itkrebsliga_solothurnkrebsliga_stgallen_appenzellkrebsliga_tessinkrebsliga_thurgaukrebsliga_waadtkrebsliga_walliskrebsliga_wallis_dekrebsliga_wallis_frkrebsliga_zentralschweizkrebsliga_zuerichkrebsliga_zug
Ligue contre le cancerLigue vaudoise contre le cancerNotre journalCancer de l'enfant : les conséquences à long terme

Cancer de l'enfant : les conséquences à long terme

Environ deux tiers des adultes atteints d'un cancer durant leur enfance développent des complications tardives. Elles dépendent des traitements utilisés et des types de cancer.

Les cancers demeurent rares chez les enfants et les chances de guérison se sont nettement améliorées ces dernières années, dépassant actuellement 80 %. Par la suite, les patients peuvent néanmoins souffrir de séquelles physiques et psychiques sur le long terme. Un suivi dans la durée est indispensable.

Les enfants qui luttent contre un cancer vivent une épreuve marquante. Des complications restent toujours possibles une fois l’âge adulte atteint. Ces effets tardifs dépendent des traitements utilisés (chimiothérapie, radiothérapie, association de celles-ci, doses), mais également du type de cancer (tumeur cérébrale, lymphome, sarcome, leucémie) et de l’âge de l’enfant. De manière générale, ils sont plus fréquents chez les patients n’ayant pas achevé leur croissance et chez ceux ayant subi une radiothérapie. « Cette dernière entraîne plus de séquelles, notamment des troubles hormonaux tels que des retards de croissance ou de puberté et de l’insuffisance thyroïdienne », explique Maja Beck Popovic, médecin cheffe de l’unité d’hémato-oncologie pédiatrique du CHUV. Elle est évitée autant que faire se peut, mais reste indispensable pour traiter les tumeurs cérébrales malignes notamment.

PROBLÈMES DE FERTILITÉ
La radiothérapie, mais aussi certaines chimiothérapies à doses élevées peuvent, de surcroît, altérer la qualité des cellules reproductrices et ainsi avoir des conséquences sur la fertilité. « La congélation d’ovocytes chez les filles ou un prélèvement de sperme chez les garçons pubères avant le traitement sont alors proposés », indique Maja Beck Popovic. Et de poursuivre : « Des prélèvements similaires chez des enfants prépubères sont actuellement à l’étude afin de donner les mêmes chances aux patients, quel que soit leur âge au moment de la maladie. »

RISQUE ACCRU DE DEUXIÈME CANCER
Lorsqu’elle touche le cerveau, la radiothérapie est susceptible d’entraîner des pathologies cérébro-vasculaires pouvant générer des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Elle affecte, en outre, les capacités d’apprentissage. Quant à la chimiothérapie, si elle comporte une anthracycline, molécule indiquée dans le traitement de certains cancers, elle peut affaiblir le cœur et déclencher des pathologies cardio- vasculaires. D’autres médicaments sont responsables de troubles rénaux et auditifs. Tous traitements et pathologies confondus, environ deux tiers des adultes ayant été atteints d’un cancer dans leur enfance développent des complications tardives. Les traitements du cancer peuvent en provoquer un nouveau. Quoique rares, les cas surgissent bien plus tard. Les risques de cancers thyroïdiens et du sein en particulier augmentent chez les adultes ayant reçu une radiothérapie au cours de leur enfance. « Ils sont accrus si les patients ont des prédispositions génétiques à ces maladies : jusqu’à 40 %, contre 5 à 7 % chez les sujets sans facteurs héréditaires », précise Maja Beck Popovic.

CRAINTE DE LA MORT
Sur le plan psychologique, tout cancer chez l’enfant suscite une peur de la mort. Les angoisses liées à celle-ci sont récurrentes. Elles reviennent lorsqu’un décès survient dans l’entourage. « Si l’enfant a vécu un passage aux soins intensifs, la mort le tourmentera d’autant plus par la suite », constate Audrey Brossard, assistante sociale de la Ligue vaudoise contre le cancer active au sein de l’unité d’hémato-oncologie pédiatrique du CHUV. « Ces craintes se répercuteront notamment sur le sommeil : les difficultés à s’endormir, les ruminations, les réveils au milieu de la nuit sont fréquents », ajoute Christelle Theytaz, cheffe de clinique en pédopsychiatrie de liaison au CHUV. Des crises d’angoisse sont également possibles. De même que des perturbations au niveau de l’humeur : irritabilité, impatience, tristesse, colère, agitation peuvent se manifester. « Des sentiments d’injustice et de perte de contrôle sont courants », poursuit la pédopsychiatre.
Les enfants s’autoriseront plus facilement à mettre en mots ces émotions en comparaison aux adolescents. « Ils parviennent à s’exprimer à travers des activités symboliques, des jeux et des dessins », fait remarquer Christelle Theytaz. Les plus âgés peinent parfois plus à parler d’eux-mêmes et à se livrer.

INTÉRÊTS MOINS FUTILES
Audrey Brossard observe, de plus, des préoccupations différentes. « Les enfants qui ont lutté pour leur vie ont des intérêts moins futiles que leurs camarades : les sacs dernier cri ne constituent pas leur priorité », illustre-t-elle. Mais ces envies reviennent assez vite, d’après les parents. Les enfants soignés sont suivis de nombreuses années, voire à vie. « Ils développent une force impressionnante », note Audrey Brossard. Christelle Theytaz se veut également rassurante, soulignant que si la prise en charge est bonne, les séquelles à long terme peuvent être atténuées.

Zélie Schaller