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Ligue contre le cancerLigue vaudoise contre le cancerNotre journalL'accès aux mesures de prévention doit être le même pour tous

L'accès aux mesures de prévention doit être le même pour tous

Isabelle Philipona, responsable du Service prévention de la LVC : « J’aime être au contact des gens et comprendre ce qui les anime. La prévention passe par le dialogue, elle ne se décrète pas ! »

Le Service prévention de la Ligue vaudoise contre le cancer souffle ses vingt bougies. Rencontre avec sa responsable, Isabelle Philipona, qui a contribué à sa création. Cette infirmière spécialisée en oncologie plaide en faveur d’un élargissement des canaux d’information à tous les publics.

VINGT ANS DÉJÀ QUE LE SERVICE PRÉVENTION DE LA LIGUE EXISTE. QUE RESSENTEZ-VOUS À L’HEURE DE CET ANNIVERSAIRE ?
Du bonheur et de la fierté. Je n’ai pas vu passer le temps : mon travail est varié, il évolue constamment en fonction des avancées scientifiques. Et, petit plus, il me permet d’être en interaction permanente avec le grand public – que ce soit lors de manifestations, de conférences ou au siège lausannois de la Ligue.

TOUCHER LES CONSCIENCES RESTE DIFFICILE. VOUS N’ÊTES JAMAIS DÉCOURAGÉE ?
Jamais, je suis tenace ! Il faut souvent des années et des années avant que les campagnes de prévention portent leurs fruits. C’est un travail de longue haleine qui nécessite d’être convaincu et persévérant, sous peine effectivement de ne pas y trouver son compte ou de perdre la flamme. Mais je reste persuadée que l’investissement est « rentable ». Il est scientifiquement établi que des habitudes de vie saines permettent de réduire le risque de développer un cancer même si, bien sûr, le hasard et la génétique pèsent aussi dans la balance.
Au-delà de l’enjeu purement sanitaire, la prévention comporte également une importante dimension politique. Elle ne devrait pas rester le parent pauvre du système de santé publique, orienté prioritairement sur des mesures curatives.

COMMENT A ÉVOLUÉ LE SERVICE PRÉVENTION AU FIL DU TEMPS ?
Il y a vingt ans, les différents acteurs du domaine associatif vaudois se sont en quelque sorte « partagé » les domaines d’action qu’il fallait absolument investir pour répondre aux besoins sanitaires du canton. Le service s’est ainsi spécialisé dans trois activités clés qui sont toujours d’actualité aujourd’hui : la prévention solaire et celle des cancers du sein et du côlon. Mais si le fil rouge qui guide le travail du service est resté le même, en pratique, les choses ont beaucoup évolué. Nous travaillons en permanence nos messages de prévention pour qu’ils trouvent le meilleur écho possible auprès de la population.

ET SUR QUOI VOUS BASEZ-VOUS POUR TOUCHER AU MIEUX VOTRE COEUR DE CIBLE ?
Les connaissances scientifiques. Je vous donne un exemple concret. L’année passée, la Ligue a fait évaluer la pertinence de ses messages de prévention solaire par l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP) de Lausanne. Les résultats de l’étude qualitative menée à cet effet ont fait ressortir que notre discours était perçu comme trop restrictif. Si les gens souhaitent se protéger, ils n’entendent en effet pas se priver entièrement du soleil, fortement associé à la notion de bien-être. Ces enseignements sont très utiles sur le terrain : nous donnons des messages plus modérés, nous plaçant désormais dans une optique de réduction des risques plutôt que de sécurité totale. C’est un compromis à faire pour pouvoir agir sur la motivation des gens à renforcer leurs comportements positifs.

QUELS SONT LES PRINCIPAUX ENJEUX DE PRÉVENTION POUR LES ANNÉES À VENIR ?
Je l’ai esquissé tout à l’heure. Délivrer des messages qui fassent écho au vécu et à la réalité de chacun. La prévention ne doit pas se limiter à un cercle restreint « d’élus ». Or certaines populations ont un accès limité au dépistage. C’est notamment le cas d’une partie des personnes issues de la migration. Des études menées par le canton de Vaud et la Confédération confirment que des barrières linguistiques, administratives et culturelles sont à l’origine de cette inégalité. C’est la raison pour laquelle la Ligue s’est fixé pour objectif de développer un dispositif d’information à l’intention de ces populations dites vulnérables dans le cadre de son plan stratégique 2017-2019. Le tout, en collaboration avec les principaux partenaires concernés. Nous animons déjà des cafés-contact au cours desquels nous abordons, avec les migrants, l’importance des programmes de dépistage systématique des cancers du sein et du côlon proposés par le canton de Vaud.

AVEC SUCCÈS ?
Oui, ces rencontres font toujours le plein de participants. L’exercice est passionnant, car il ouvre énormément de perspectives. Chaque population a son propre mode de vie, avec des habitudes différentes en matière d’alimentation, de mouvement, etc. En ce sens, les questions qui me sont posées sont différentes de celles que pourraient m’adresser des personnes qui vivent en Suisse depuis toujours. C’est ce qui fait toute la richesse de mon travail !

Propos recueillis par Béatrice Tille