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Ligue contre le cancerLigue vaudoise contre le cancerNotre journalCancer du côlon : une initiative pionnière en Suisse romande

Cancer du côlon : une initiative pionnière en Suisse romande

Le canton de Vaud a lancé un programme pilote de dépistage de cette maladie, dont le diagnostic précoce offre d’excellentes chances de guérison. Explications.

Vous avez reçu un courrier vous invitant à réaliser un test de dépistage du cancer du côlon, cancer colorectal (CCR) dans le jargon médical ? Prenez la peine de le lire attentivement. Cette lettre vous informe sur le programme de dépistage de cette maladie, lancé à l’automne 2015 par le canton de Vaud. Il faut savoir que chaque année dans notre canton 400 nouveaux cas de cancer du côlon sont diagnostiqués, et que 130 personnes en moyenne décèdent de cette affection.

Le cancer du côlon, également appelé cancer de l’intestin, compte parmi les plus meurtriers du pays puisqu’il représente 10% des décès liés à une maladie cancéreuse. Il est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes, après celui du sein, et le troisième chez les hommes après ceux de la prostate et du poumon. On sait aussi qu’il concerne dans la majorité des cas des personnes de plus de 50 ans et qu’il se développe lentement. Les chances de guérison sont excellentes s’il est diagnostiqué précocement: la survie à cinq ans est supérieure à 90% quand il est strictement localisé au moment du diagnostic.
Face à ce constat, le canton de Vaud a décidé de lancer un programme pilote de dépistage de ce cancer pour les personnes qui ne présentent pas de risques élevés de le développer dans des contextes particuliers de maladies génétiques ou intestinales. Cette campagne visant à réduire la mortalité par cancer du côlon touchera 170 000 hommes et femmes âgés de 50 à 69 ans.

Première étape, explique le docteur Cyril Ducros, directeur de la Fondation vaudoise pour le dépistage du cancer (FVDC) mandatée pour assurer le déploiement de ce programme*: une consultation auprès du médecin de famille, qui « permet d’obtenir des conseils personnalisés ». S’il est décidé de procéder à un test, le participant a « le libre choix » entre un test immuno-chimique de recherche de sang dans les selles (FIT) à réaliser tous les deux ans à domicile, ou une coloscopie optique (soit une exploration du gros intestin au moyen d’un tube souple équipé d’une caméra) à faire tous les dix ans. En cas de détection d’une lésion – il peut s’agir d’un polype ou d’un cancer – une surveillance par coloscopie à des délais plus courts est généralement nécessaire. Certains polypes ne présentent cependant pas de risque d’évolution en cancer et le contrôle peut être réalisé à 10 ans. Il est possible de changer de mode de dépistage à chaque nouvelle participation. La consultation, le test ainsi que les frais d’analyse sont remboursés à 90% avec exemption de la franchise. Le montant à charge de la personne (quote-part de 10%) varie de 4.60 francs pour le test FIT à un montant de 100 à 160 francs environ pour la coloscopie. La démarche vise à éviter « une approche à deux vitesses », expliquait en 2014 le docteur Karim Boubaker, médecin cantonal.

Les envois d’invitation, à l’attention initialement des personnes âgées de 68 et 69 ans, ont débuté il y a un an, soit en octobre 2016. Dès octobre 2015, indique le docteur Cyril Ducros, « les médecins de famille ont eu la possibilité de leur propre initiative d’inclure des personnes dans le programme ». À la fin juin 2017, 7 400 personnes avaient reçu une information d’un médecin sur le dépistage du cancer du côlon et décidé de réaliser un test. Durant la même période, 2 800 personnes environ ont réalisé un test de recherche de sang dans les selles et 2 200 personnes une coloscopie de dépistage. « Il est important dans un premier temps », explique le docteur Cyril Ducros, « de contrôler que les personnes participantes ont été en capacité de réaliser leur test de dépistage sans difficulté. »

Albertine Bourget

* La FVDC est également mandatée depuis 2009 pour l'organisation et le suivi du dépistage organisé du cancer du sein.

SENSIBILISER AUSSI LES PERSONNES ISSUES DE LA MIGRATION
La Ligue vaudoise contre le cancer (LVC) anime de nombreuses séances d’information auprès de personnes issues de la migration pour les sensibiliser aux moyens de dépister le cancer du côlon. Certaines d’entre elles n’ont en effet qu’un accès limité aux informations en la matière. C’est la région de l’Est vaudois, qui compte une importante proportion d’étrangers, qui a été choisie pour la mise sur pied de ces rencontres. Elles sont conduites par Isabelle Philipona, responsable du Service prévention de la Ligue (lire son interview en p. 4). L’infirmière spécialisée en oncologie a été frappée par le « grand intérêt » que ces rendez-vous suscitent. « Les participants posent beaucoup de questions sur l’anatomie, les facteurs de risque, les prédispositions, le choix du test et le stress provoqué par les investigations. » Une curiosité qu’Isabelle Philipona juge très gratifiante.