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Ligue contre le cancerLigue vaudoise contre le cancerNotre journalAprès cancer et reprise du travail: une équation difficile à résoudre

Après cancer et reprise du travail: une équation difficile à résoudre

Le cancer constitue la troisième cause d'absence de longue durée au travail. Favoriser le retour en entreprise après la maladie est un défi de société majeur.

Les avancées de la médecine permettent à un nombre croissant de personnes diagnostiquées d’un cancer de reprendre le travail après la maladie. En pratique, les écueils sont nombreux pour les employeurs et les employés. La Ligue vaudoise contre le cancer a développé différents outils pour les accompagner dans leurs démarches.

Favoriser le retour en emploi des personnes atteintes de cancer : cet objectif met tout le monde d’accord. Mais en pratique, employeurs et employés sont souvent démunis face à la gestion de la maladie. En plus des aspects humain et relationnel dont il faut prioritairement tenir compte, se posent des questions organisationnelles, financières et sociales. En partenariat avec les principaux acteurs concernés, la Ligue vaudoise contre le cancer (LVC) a développé de nouveaux outils à l’intention des patrons et des salariés afin de répondre à leurs interrogations et favoriser le dialogue entre eux. Disponible depuis peu, cette offre complète l’accompagnement proposé depuis soixante ans aux patients et à leurs proches. Elle va de la création d’une brochure à des interventions en entreprise en passant par l’ouverture d’une ligne téléphonique dédiée aux employeurs.
L’enjeu est de taille, puisque le cancer constitue la troisième cause d’absence de longue durée au travail après les troubles musculo-squelettiques et les problèmes psychiques. « Nous souhaitons contribuer à lever les obstacles à la réinsertion professionnelle suite au cancer » explique Chantal Diserens, directrice de la LVC.
Et de poursuivre : « Pour beaucoup de patients, reprendre le travail après les traitements permet en effet de renouer avec une certaine forme de normalité, de restaurer des liens sociaux et, bien sûr, de gagner sa vie. Les employeurs ont également avantage à conserver le savoir-faire de leur personnel au sein de l’entreprise et à faire montre de leur responsabilité sociale auprès de leurs employés. »

DES PATIENTS GUÉRIS, MAIS DIFFÉRENTS
Chaque année en Suisse, plus de 15 000 personnes en âge de travailler sont diagnostiquées d’un cancer. Plus performants et moins invasifs, les traitements permettent à un nombre toujours croissant d’entre elles de remettre le pied à l’étrier mais, souvent, avec certaines limitations. A commencer par celles qui sont d’ordre physique. « En règle générale, les effets secondaires des thérapies – que l’on maîtrise toujours mieux – disparaissent rapidement.
Qu’elles soient temporaires ou non, certaines séquelles peuvent limiter la reprise de l’activité professionnelle, imposer une adaptation du poste de travail et de l’activité ou une reconversion. Ce n’est que lorsque toutes ces options ont été épuisées que l’octroi d’une rente de l’assurance-invalidité (AI) entre en ligne de compte.

FAIRE TOMBER LES BARRIÈRES
Quand le retour au travail est possible, il faut agir avec précaution. On aurait tendance à l’oublier, mais la fin des traitements ne signifie pas que l’employé soit à nouveau pleinement productif. Une reprise graduelle est souvent judicieuse. Thierry Lepinette, patient suivi par la Ligue, en témoigne : « J’ai repris le travail de manière progressive au printemps 2015, ce qui m’a donné l’occasion de rebondir. J’étais affaibli, le soutien de mon patron m’a permis de me reconstruire. Aujourd’hui, je travaille à nouveau à 100%, c’est une victoire. De manière générale, je trouve que nous manquons d’informations sur le cancer et ses répercussions sur le travail. Il est primordial que les employeurs puissent appréhender ce que traversent les personnes touchées par la maladie. L’idée n’est pas de susciter la compassion, mais la compréhension. »

La communication reste un sujet sensible et personnel, pour l’employeur comme pour l’employé.

Un avis partagé par Marc Hubacher, responsable des ressources humaines du Centre patronal. « Chaque situation de cancer est bien évidemment différente, mais connaître un peu mieux les traitements, leurs conséquences et le choc psychologique suscité par la maladie permet de faire tomber des barrières. Chacun est ainsi mieux à même de connaître les besoins et attentes de l’autre. Les grandes structures emploient souvent des responsables de la santé. C’est loin d’être la règle dans les petites et moyennes entreprises. Que les PME puissent s’appuyer sur les outils professionnels proposés par la Ligue est très utile. »

MAINTENIR LE LIEN
La communication reste un sujet sensible et personnel, pour l’employeur comme pour l’employé. Si le climat s’y prête, le maintien d’un lien permanent pendant et après la maladie favorise une réinsertion réussie. Cette dernière dépend aussi d’autres facteurs, comme le type de cancer, le métier exercé, la taille de l’entreprise et les ressources personnelles du collaborateur. La Suisse compte actuellement près de 320 000 personnes qui ont survécu au cancer. En 2030, ce nombre pourrait grimper à un demi-million. Des solutions à l’avantage de tous doivent impérativement être proposées sur le marché du travail.

Béatrice Tille