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Ligue contre le cancerLigue vaudoise contre le cancerNotre journalPrévention solaire : un équilibre à trouver

Prévention solaire : un équilibre à trouver

Soleil rime souvent avec bien-être. Une perception positive qui ne devrait pas faire oublier sa dangerosité

Les messages de prévention solaire devraient viser une « simple » diminution des risques, sans tenter d’atteindre une protection à cent pour cent. C’est ce qui ressort d’une étude initiée par la Ligue vaudoise contre le cancer. Les résultats ont été publiés au printemps dernier.

Le soleil a tout pour plaire, mais est loin d’être inoffensif. Chaque année en Suisse, 2500 personnes se voient diagnostiquer un mélanome. C’est le cancer de la peau le plus dangereux en raison de sa capacité à former des métastases. Et, triste record, notre pays figure en tête des nations européennes les plus touchées par le mélanome.

La prévention reste plus que jamais nécessaire. La Ligue vaudoise contre le cancer (LVC), active auprès des écoles et présente à de nombreuses manifestations sportives du canton, cherche constamment à améliorer son travail de terrain. L’association a donc mandaté l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP) de Lausanne* pour analyser la qualité des messages qu’elle délivre. « Nous souhaitons obtenir le maximum d’impact possible pour que nos recommandations soient suivies par la population. La protection solaire, ça ne se décrète pas ! » explique Isabelle Philipona, responsable du Service prévention de la LVC.

COMPRENDRE POUR ATTEINDRE SA CIBLE
L’IUMSP a mené une recherche exploratoire et qualitative en deux temps. Sur la base d’entretiens, les deux auteures de l’étude, Julie Dubois et Brenda Spencer, ont analysé l’image que les personnes interrogées se faisaient du soleil et des risques de développer un cancer suite à une surexposition aux rayons ultra- violets. Ces représentations ont ensuite été mises en perspective avec les messages de prévention de la LVC.

Le premier enseignement de cette étude est plutôt rassurant. Selon la doctoresse Brenda Spencer, responsable de secteur de recherche à l’IUMSP, « de nombreux messages ont été assimilés. Les personnes interviewées connaissent bien les moyens à disposition pour se protéger du soleil. Nous nous sommes néanmoins aperçues que nos interlocuteurs étaient à la recherche permanente d’un compromis : oui, ils souhaitent se protéger, non, ils ne veulent pas se priver totalement du soleil. Appliqués à la lettre, les messages de prévention sont donc perçus comme trop restrictifs. »

Il apparaît également que la dangerosité du mélanome souffre d’une certaine forme de banalisation. De manière générale, les cancers de la peau sont considérés comme des affections qui se soignent facilement. Enfin, les résultats montrent qu’un bronzage léger – obtenu naturellement – donne bonne mine, est associé à la pratique d’activités en plein air et confère un certain prestige social. « Si avoir des couleurs est toujours à la mode, le bronzage à outrance, de type solarium, n’a plus la cote. C’est le signe d’une évolution des mentalités » se réjouit Isabelle Philipona.

SORTIR DE LA FRUSTRATION
Les résultats de cette étude ne sauraient être généralisés au niveau suisse, voire même cantonal. Mais ils livrent des pistes pour que les acteurs du domaine de la prévention, LVC en tête, développent des messages qui trouvent un écho auprès de la population. Brenda Spencer : « Forcer les gens n’a jamais donné de bons résultats. Il faut comprendre leur logique pour ensuite leur proposer des solutions qui, tout en gardant une pertinence médicale, puissent en quelque sorte être greffées sur leur vécu. Les individus lambda aiment jouir du soleil et avoir bonne mine, ne leur enlevons pas cela. Evitons simplement le pire, sans demander le risque zéro. Faute de quoi, nous nous exposons à un rejet en bloc. »

L’adoption de messages plus nuancés, qui mettent l’accent sur la modération plutôt que sur la restriction, est une première piste pour se placer dans cette optique de réduction des risques. Le message « profiter du soleil, mais de manière prudente » s’impose comme un compromis incontournable. Il devrait être assorti de la recommandation suivante : prendre un coup de soleil, ce n’est pas bronzer, mais se brûler ! Dans la même optique, mettre en avant la dangerosité du mélanome, et le démarquer des autres cancers de la peau, semble constituer une option intéressante. Autre chemin à emprunter, celui de l’apparence. Isabelle Philipona : « Les personnes consultées accordent de l’importance à leur allure extérieure. Insister sur le vieillissement cutané prématuré auquel elles s’exposent pourrait susciter leur adhésion. » Renforcer la sensibilisation dans les écoles pour ancrer les bons réflexes auprès des jeunes fait également partie des pistes retenues.

PROMOTION DE LA SANTÉ ET URBANISME
Faire de la prévention, ce n’est pas seulement amener les gens à modifier leur comportement, c’est aussi créer un environnement qui soit favorable à la santé, au bien-être et à la qualité de vie. « Urbanisme et promotion de la santé sont étroitement liés, car les gens s’adaptent à leur cadre de vie » souligne la Dresse Brenda Spencer. Et la chercheuse d’en appeler à la responsabilité des politiques et des architectes pour créer des zones d’ombre facilement accessibles qui permettent, a minima, d’alterner ombre et soleil. Car rappelons-le, mettre de la crème solaire ne suffit pas pour se protéger contre les ultraviolets.

Béatrice Tille

*Prévention du cancer de la peau:pertinence des messages de prévention de la Ligue vaudoise contre le cancer (LVC). Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP), CHUV-UNIL, Lausanne, mars 2017. Auteures : Julie Dubois & Brenda Spencer.