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Ligue contre le cancerLigue vaudoise contre le cancerNotre journalLe bénévolat : un exercice enrichissant, mais exigeant

Le bénévolat : un exercice enrichissant, mais exigeant

Les bénévoles constituent une ressource précieuse pour la Ligue vaudoise contre le cancer. Qui sont-ils ? Quelles sont leurs motivations ? Comment sont-ils encadrés par l’association ? Éclairage sur une activité qui requiert un investissement considérable.

« Quand mon père était malade, nous l’avons entouré. Jusqu’à la fin, nous étions là. Le soutien de sa famille lui a été d’un grand réconfort. Malheureusement pour eux, certains patients sont moins bien accompagnés. J’ai vu des personnes esseulées à l’hôpital et cela a été le déclic : j’ai choisi de donner de mon temps pour les malades. » Fraîchement recruté par la Ligue vaudoise contre le cancer (LVC), Fahred Salimi fait partie des 35 bénévoles de l’association. Chaque semaine, ce jeune homme de 28 ans rencontre une patiente de la Ligue pour des moments de partage, en toute simplicité. Ce sont également son empathie et son idéal de justice qui ont incité Claude-Alain Monnard à faire du bénévolat auprès de la LVC. Depuis douze ans, cet instituteur désormais à la retraite offre un appui scolaire à des enfants dont les parents sont malades ou qui sont malades eux-mêmes.

Si les motivations des bénévoles sont différentes, ils partagent tous un point commun : l’épanouissement personnel qu’ils retirent de leur engagement. Pour Claude-Alain Monnard, « aider les enfants à apprendre à lire et écrire est gratifiant. On s’enrichit à leur contact. » Fahred Salimi, actif à plein temps dans le secteur bancaire, souligne pour sa part que le bénévolat ouvre un espace de liberté où les rapports sont différents de ceux, marchands, qui régissent le monde du travail. « Le bénévolat m’équilibre », complète-t-il.

LA SOLIDITÉ PSYCHIQUE, UNE QUALITÉ INDISPENSABLE
Démarche de développement personnel doublée d’altruisme, le bénévolat constitue un apport précieux pour la LVC. Qu’ils accomplissent des travaux administratifs pour l’association, assurent une présence sur les stands d’information ou accompagnent des patients – comme Fahred Salimi ou Claude-Alain Monnard – les volontaires complètent de manière efficace le travail des collaborateurs de la LVC.

Reste qu’on ne s’improvise pas bénévole du jour au lendemain : être présent pour les personnes atteintes de cancer comporte une lourde charge émotionnelle qu’il faut être à même de gérer. Yasmina Schmidt, ancienne responsable du Service de bénévoles à la Ligue, insiste sur ce point : « Lors de la première rencontre avec les candidats, il faut mener des entretiens pointus durant lesquels on s’assure qu’ils sauront garder la distance qui s’impose, qu’ils auront la solidité nécessaire pour être aux côtés de patients confrontés à un lourd diagnostic. »

BREF RETOUR SUR LES BANCS DE L’ÉCOLE
Ces discussions exploratoires sont le gage, pour les patients comme pour les bénévoles, de la qualité de la relation d’aide qui verra le jour ultérieurement. Le premier entretien est aussi l’occasion, pour les volontaires, de clarifier leurs motivations et leurs attentes. Cette étape franchie, ils signent un mandat d’engagement et une convention de tâches qui donnent un cadre à leur action : ils ne sont ni des professionnels, ni des membres de la famille.

Les bénévoles s’engagent ainsi à respecter strictement la confidentialité et à ne porter aucun jugement. De son côté, la Ligue leur propose un soutien pour réaliser au mieux les missions qui leur sont confiées. A commencer par une formation de base de huit jours sur la communication avec les patients, le travail en équipe, le domaine médico-social et la fin de vie. Dispensé par le programme cantonal de développement des soins palliatifs du canton de Vaud, ce cours est suivi par les bénévoles de seize associations et hôpitaux vaudois.

Fahred Salimi a apprécié cette formation participative, qui lui a permis de mieux cerner les défis qui entourent l’accompagnement de personnes fragiles. « Nous avons par exemple abordé les thèmes de l’anxiété et du stress chez les malades. Je comprends maintenant très clairement que je ne dois pas me braquer face à des signes d’agressivité : ils ne me sont pas destinés et sont l’expression d’un mal-être. Ce sont des choses que l’on sent intuitivement, mais il est bon de pouvoir les intellectualiser pour en prendre pleinement conscience. Ces apports théoriques et réflexifs constituent un réel plus. » En prolongement de ce cours de base, obligatoire pour eux, les bénévoles peuvent bénéficier de formations continues en fonction de leurs besoins.

DIALOGUE ET ÉCHANGE
A côté de la formation, les offres de supervision sont également indispensables pour garantir un bénévolat de qualité. En cas de difficulté, les volontaires peuvent en tout temps s’adresser à la responsable des bénévoles de la LVC. Ils ont également la possibilité d’aborder des questions sensibles lors de rencontres de groupe, organisées chaque mois sous sa houlette. Claude-Alain Monnard, affecté par le décès récent d’une petite fille, souligne l’utilité de ces réunions. « La disparition de cette enfant me touche énormément. En parler me fait du bien. Beaucoup de bénévoles ont vécu la même chose, leur expérience m’est bénéfique. » Ces espaces de parole sont complétés par des entretiens personnels réguliers avec la responsable des bénévoles. Des entretiens sous forme de bilans qui permettent, si nécessaire, de redessiner les contours des missions des volontaires.

Béatrice Tille