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Ligue contre le cancerLigue vaudoise contre le cancerNotre journalCancer et arrêt de travail

Cancer et arrêt de travail

Le cancer a un impact direct sur la vie professionnelle des malades. Une épreuve supplémentaire dans un parcours déjà jalonné de nombreuses difficultés. Et souvent, le chemin vers une forme de précarisation.

Un diagnostic qui tombe et c’est toute la vie qui change. Les personnes atteintes de cancer cumulent les difficultés et, souvent, la précarité financière vient s’ajouter à leur détresse physique et morale. De nombreuses questions se posent aux malades qui se retrouvent dans l’incapacité de travailler, momentanément ou de manière définitive. Vont-ils continuer à percevoir leur salaire ? Le cas échéant, pour combien de temps ? Devront-ils demander une rente d’invalidité ? Ou recourir à l’aide sociale ? Chaque année en Suisse, plus de 15’000 personnes en âge de travailler sont potentiellement confrontées à ces interrogations1. La Ligue vaudoise contre le cancer (LVC) est là pour accompagner les patients dans la jungle des assurances sociales et de la législation sur le travail.

PAS D’ASSURANCE OBLIGATOIRE POUR LES EMPLOYEURS
En Suisse, l’assurance pour la couverture du salaire en cas de maladie n’est pas obligatoire pour les employeurs. La situation pécuniaire des malades dépend donc directement des dispositions arrêtées par les entreprises. Si l’employeur n’a pas contracté d’assurance perte de gain (APG), le Code des obligations prévoit un certain nombre de dispositions. Minimales, elles sont largement insuffisantes pour permettre aux patients d’envisager leur avenir financier avec sérénité. Une personne qui effectue sa première année de service auprès d’un employeur recevra ainsi son salaire complet pendant trois semaines. Cette durée s’allonge en fonction du degré d’ancienneté dans l’entreprise.

Heureusement, la majorité des employeurs contracte une assurance perte de gain. L’APG diffère en fonction des contrats de travail et des conventions collectives de travail lorsque l’entreprise y adhère. Reste que la perte financière est inévitable : les personnes malades touchent, généralement, 80% de leur salaire pour une durée allant de un à deux ans. Cette période arrivée à son terme, il faut trouver des solutions. En cas d’incapacité de travail prolongée, l’assurance-invalidité est activée pour voir si le patient peut reprendre une activité professionnelle grâce à des adaptations de son poste de travail ou à une reconversion. Des démarches complexes qui, souvent, épuisent les malades, comme le souligne Julien Grandjean, assistant social à la LVC : « Les patients ressentent le besoin de se concentrer sur leurs soins. Fournir un nombre incalculable de documents à l’assurance-invalidité tout en luttant contre le cancer est un fardeau lourd à porter. Les patients qui n’ont pas de proches qui puissent les aider se sentent souvent dépassés. Je suis là pour leur offrir un soutien administratif et les accompagner sur le plan humain. »

Pour celles et ceux qui retournent au travail, l’épreuve n’est pas finie. Les traitements anticancéreux peuvent provoquer de la fatigue, des troubles alimentaires ou des perturbations du sommeil. Il faut également apprendre à vivre avec le risque de rechute. Les assistants sociaux de la Ligue offrent leur soutien psychologique durant cette période charnière et peuvent, si nécessaire, faire le lien avec l’employeur. Les patients qui, eux, ne peuvent pas reprendre le travail doivent demander une rente invalidité avec, pour corollaires, de nombreuses démarches à engager et des revenus à la baisse. Un changement qui nécessite également d’être accompagné.

LES INDÉPENDANTS DANS LA TOURMENTE
Des situations difficiles, toujours. Et plus difficiles encore pour les indépendants qui, souvent, ne sont pas assurés contre la perte de gain en raison du coût élevé des cotisations. Ils se retrouvent alors sans revenu du jour au lendemain. Julien Grandjean : « C’est dramatique. Je soutiens ces personnes en les orientant vers les dispositifs auxquels elles peuvent recourir, l’aide sociale la plu part du temps. Je les aide à mieux cerner les enjeux, à remplir les formulaires nécessaires. Je veille à ce que leurs droits soient respectés. Faire appel à l’aide sociale est une étape difficile à franchir. Imaginez : vous êtes bien inséré dans la société, actif professionnellement et, tout à coup, vous plongez dans une réalité tout autre. » La LVC peut également, dans certains cas, apporter un soutien financier ponctuel aux patients.

Le travail constitue une nécessité économique, mais pas seulement. Il remplit d’importantes fonctions sociales. Repenser et réaménager cet espace constitue un véritable défi pour les malades. Défi que la LVC les aide à relever. En faisant le lien avec les différents partenaires institutionnels, en offrant un soutien psychologique et, tout simplement, en étant présente au jour le jour.

Béatrice Tille

1Source: Ligue suisse contre le cancer (LSC)