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Ligue contre le cancerLigue vaudoise contre le cancerNotre journalAnticancéreux oraux à domicile

Anticancéreux oraux à domicile

Le Dr Jérôme Berger participe au programme pilote pour le suivi des patients traités par voie orale, d’abord mis en place à la PMU et aujourd’hui disponible dans 30 pharmacies romandes (dont 12 sur le canton de Vaud). Le programme vise à accompagner et autonomiser le patient dans la prise de son traitement.

De plus en plus de médicaments anticancéreux existent sous forme orale, en gélules ou comprimés disponibles en pharmacie. Si cette alternative semble moins contraignante qu’une injection, elle soulève cependant des interrogations pour le patient. En 2010, le Centre de pharmacie communautaire de la Policlinique Médicale Universitaire (PMU) de Lausanne et le centre pluridisciplinaire d’oncologie du CHUV ont lancé un programme pilote pour le suivi des patients traités par voie orale. Rencontre avec le Dr Jérôme Berger, pharmacien chef adjoint à la PMU, à Lausanne.

POUVOIR SE SOIGNER PAR VOIE ORALE SEMBLE UNE OPTION INTÉRESSANTE. CE CHOIX APPARTIENT-IL AU PATIENT OU AU MÉDECIN ?
Précisons d’abord qu’il existe plusieurs thérapies orales anticancéreuses: la chimiothérapie orale, les traitements anti-hormonaux, l’immunothérapie et les thérapies ciblées. Le choix du traitement et de son administration orale ou intraveineuse dépend du type de cancer et du stade de la maladie. Parfois, l’option orale est impossible. C’est une discussion entre le patient et son oncologue : certaines personnes préfèrent se soigner à la maison, dans un cocon familier et prendre une part active au traitement. D’autres malades aiment mieux se rendre à l’hôpital, où ils sont encadrés lorsqu’ils reçoivent des soins. Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix : dans les deux cas, on troque des avantages contre d’autres.

EN QUOI LES ANTICANCÉREUX ORAUX AMÉLIORENT-ILS LA QUALITÉ DE VIE DU PATIENT ?
Comme le patient peut gérer son traitement à domicile, il n’a plus à se rendre à l’hôpital pour le recevoir. Cela lui offre davantage de temps libre, ce qui n’est pas négligeable pour ménager sa vie familiale, professionnelle et sociale. Par ailleurs, la prise orale supprime les contraintes et les risques liés à l’injection – par exemple lors de la pose d’un cathéter. Néanmoins, cette participation active nécessite que le patient s’implique, qu’il respecte les doses et le rythme des prises et sache comment agir en cas d’oubli ou d’effet indésirable.

CES RESPONSABILITÉS NE SONT-ELLES PAS TROP LOURDES À ENDOSSER ?
En fait, le risque se situe surtout sur la durée : certaines personnes finissent par banaliser la prise, l’oublier plus fréquemment ou s’octroyer des interruptions de traitement pour des motifs divers, tels que vacances ou baisse de motivation, alors que l’efficacité optimale des anti-tumoraux dépend de la capacité du patient à bien les prendre. Les soignants savent que suivre un traitement sur le long terme n’est pas évident, ils le comprennent et ne blâmeront pas un patient ayant des difficultés à gérer son traitement de façon autonome.

QUELS SONT VOS CONSEILS POUR BIEN SE SOIGNER À DOMICILE ?
Une astuce consiste à associer sa prise de médicament à un « rituel » – le petit-déjeuner ou la tisane du soir par exemple – pour l’ancrer dans sa vie quotidienne. Alarme sur le téléphone, rappel SMS ou pilulier avec sonnerie sont aussi des techniques pour ne pas omettre son traitement. En cas d’oubli, ne pas doubler la prise pour compenser les doses manquées, mais parler au médecin ou au pharmacien si cela devient récurrent. De même, il faut éviter de prendre d’autres traitements parallèles – même à base de plantes – sans en avoir discuté avec eux au préalable. Ensuite, je conseille aux patients de suivre les indications figurant sur le médicament et de bien garder celui-ci hors de portée des enfants. Enfin, en cas de doute, ne pas hésiter à poser des questions sur son traitement !

COMMENT LE PHARMACIEN PEUT-IL AIDER LE PATIENT SE SOIGNANT À DOMICILE ?
Son rôle est d’accompagner le patient, afin de le rendre autonome dans la gestion de son traitement. Il doit l’aider à gérer les effets indésirables et remonter les informations essentielles à son oncologue. Dans le suivi du patient, l’usage d’un pilulier électronique peut être un outil précieux, car il permet un dialogue régulier avec la personne malade. En enregistrant la date et l’heure de prise à chaque ouverture du flacon, le pilulier donne une vue objective de l’adhésion du patient à sa thérapie. Par exemple, en cas d’oublis récurrents, il constitue un point de départ pour aborder le problème avec le patient : faut-il travailler sur sa motivation ou mieux lui expliquer la posologie ? Mais attention, le but n’est pas de contrôler les gens, mais bien de les soutenir.

Propos recueillis par Charlotte von Euw / Plates-Bandes Communication